Archives de catégorie : Souvenirs Cambodge

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Cambodge : Prasat Tamaon un temple inconnu sous haute protection

2015-01-29 19.38.25A notre arrivée à l’entrée du site de Tamaon nous sommes accueillit par un militaire en charge de la sécurité du site qui se trouve sur la frontière thaïlandaise. Il nous propose un agréable endroit devant la maison des gardes pour déballer notre pique-nique.

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Hors de question de se laisser aller, nous avions préparé un mixte de nourriture khmère et « barang » afin de pouvoir contenter tout le monde.

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Il faut dire qu’en cette journée nous avions des amis et invités de marque, Jean-Pierre et Odile Billault, des personnalités qui ont marqué l’histoire récente du Cambodge, arrivée avec les force das nations unies au début des années 90 le colonel Billault est ensuite revenu pour diriger durant de nombreuses années une unité de déminage : Le CIMAC. Durant te nombreuses années ou il a réalisé un travail exceptionnel avec il faut le souligner, ce qui est rare dans ce métier de démineur, aucun accident mortel. Un couple aux grands cœurs, pendant que son mari déminait Odile infirmière de métier travaillait comme volontaire à l’hôpital provincial de Siem Reap Angkor. Durant ces années 90 son fidèle adjoint Gaby qui après l’avoir accompagné durant une partie de sa carrière militaire et qui l’avait ensuite suivit dans cette aventure au Cambodge m’avait confié que lorsque au cours de leurs missions de déminage lorsqu’ils traversaient des villages ou habitants crevaient de faim Jean-Pierre lui disait :  » Gaby lorsque nous repasserons par ce village achète deux sacs de riz avec de l’argent prélevé sur mon salaire et déposes-les ici ». Jean-Pierre termina sa carrière de déminage avant une retraite bien mérité en ajoutant à son emploi du temps le titre de consul de France honoraire à Siem Reap, ce titre signifie en fait  » Sans honoraires mais beaucoup de travail ». Depuis quelques années ces valeureux septuagénaire reviennent chaque année passer quelques mois au Cambodge, une période qui coïncide avec l’hiver en France.

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Avant d’arriver au temple de Tamaon nous somme étonné de tombé sur une solide installation de défense composée de bunker et de tranchées, de conception récente, les militaires nous expliquent que les derniers combats contre les thaïlandais ont eu lieu en 2010 lorsque ces derniers revendiquaient un autre temple suer la frontière Preah Vihear.

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Meurtrières, entrée de bunker, ici on ne plaisante pas…. et ci-dessus une mitrailleuse, une kalachnikov quelque peu transformée avec un chargeur contenant une centaine de balles.

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Les marches permettant d’accéder au temple de Tamaon sont enfin en vue, nous commençons à les gravir.

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Et là quel spectacle ! Un temple ! Un vrai temple dont personne ne parle ! Une merveille oubliée!

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Une image cocasse, les deux militaires de gauche son cambodgiens, celui de droite est thaïlandais, c’est comme ça ici… lorsque l’on ne se bat pas on sympathise !

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Notre visite continue et notre joie est sans limite, quel endroit extraordinaire !

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Quelques bas-reliefs sont encore en parfait état tandis que de ci et de là on découvre les dégâts causés par les voleurs d’œuvres d’arts, des pilleurs sans scrupules.

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Là aussi il y avait des lingas

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Pour terminer la visite une surprise, une équipe de tournage thaïlandaise venue tourner une publicité pour une marque de tee-shirt .

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Quelques souvenirs des combats de 2010.

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Retour à notre minibus en moto taxi (militaire) avant de repartir pour de nouvelles aventures.

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En 1998 de Phnom Penh à Siem Reap par la route

gérard photoEn 1998, je déménageais de Phnom Penh pour m’installer à Siem Reap et j’ai accompli à cette époque plusieurs fois le trajet par la route entre ces deux villes, il fallait alors compter de 13 à 14 heures , la route était défoncée pratiquement tout le long, et il fallait traverser une bonne dizaine de ponts provisoires pour la plupart branlants, ils étaient construits avec des traverses de chemin de fer et il y avait uniquement deux planches en travers à l’emplacement des roues du véhicule, c’était assez impressionnant.

Je me souviens qu’une fois une amie française avait voulu faire la route avec nous, arrivée au premier elle s’était mise à hurler :

« On ne va pas passer là-dessus ! Ce n’est pas possible arrêtes- toi !».

Elle descendit du véhicule, traverser un pont branlant sans parapet en marchant sur une planche large de trente centimètres est encore plus impressionnant qu’à bord d’une voiture, elle est donc remontée, elle a mis sa tête entre ses mains et j’ai traversé, la scène s’est répétée à chaque traversée de pont.

Une autre fois je me souviens qu’au beau milieu d’un pont une planche a cassé et je me suis retrouvé avec la roue avant gauche coincée entre les deux traverses espacées de quarante centimètre. J’ai eu beaucoup de chance ce jour-là car la route était peu fréquentée, un paysan local qui circulait à moto s’est arrêté et m’a aidé à sortir la roue du trou, il avait une force herculéenne, il a réussi à lever la voiture tout seul pendant que je glissais une planche dessous.
Il fallait partir à 5 heures du matin de Phnom Penh pour espérer arriver à sept heures du soir à Siem Reap, c’était une journée fatigante pour nous tous et pire pour moi qui était le seul à conduire, en chemin nous nous accordions quelques pauses, la première à Skoun ou mon épouse achetait des mygales grillées qu’elle dégustait avec notre fils Nicolas alors âgé de trois ans, dans ces instants ou ils étaient tous deux occupés à dévorer ce jolies petites bêtes j’éprouvais souvent des grands moments de solitude, me demandant ce que je faisais ici. La halte de Kampong Thom était plus tranquille, on pouvait y manger un riz frit traditionnel ou autre plat cambodgien moins rébarbatif que les mygales.

Gérard THEVENET/ Wam Tour

Les évènements du printemps 1997 au Cambodge

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Le printemps 1997 a été une période « chaude » de l’histoire du Cambodge, nous avions à l’époque deux co-premiers Ministres Hun Sen et le Prince Norodom Ranariddh, chaque Ministère avait deux ministres, un de chaque parti, difficile de gouverner un pays dans ces conditions, il y avait également deux polices et deux armées, chaque premier ministre avait la sienne.
A l’époque j’étais propriétaire du restaurant la Taverne sur le quai Sisowath, Gilles un ami d’enfance venu me rejoindre au Cambodge m’aidait à gérer cet établissement en tant que Directeur des relations publiques, rôle qui lui allait comme un gant.
Les escarmouches entre militaires et/ou police des deux parties étaient fréquentes, un soir quelques semaine avant les évènements qui avaient poussé Le Prince hors du pays et laissé Hun Sen seul maître à bord, il y avait des affrontements en différents points de la ville, nous étions en total insécurité. Vers minuit à la fermeture nous primes la route conduisant à mon domicile Gilles et moi, ma maison se trouvait à une rue de la propriété du Prince. A quelque centaine de mètres de l’arrivée nous fumes stoppés par une patrouille de militaires qui nous fîmes descendre de la voiture et nous fouillèrent, ils dérobèrent de l’argent dans la poche de la Chemisette de Gilles et un autre soldat m’arracha mon téléphone portable et commença à partir, je le rattrapai et exigeait qu’ils me rendent mon appareil, son officier alerté lui fit signe d’obéir, une téléphone portable à l’époque coutait une petite fortune. Ils nous empêchèrent de continuer notre route et nous dûmes rebrousser chemin, ne sachant trop ou aller, nous décidâmes de tenter de rejoindre un bar de nuit tenu par Simone, une vietnamienne élevée par les bonnes sœurs et parlant un français parfait, le bar de Simone était en fait un bordel et Simone une bonne mère mackerelle, ce lieu était surtout fréquenté par des militaires français en poste à Phnom Penh à l’époque, les entraineuses n’étaient pas de première jeunesse , Gérard le compagnon de Simone de l’époque gérait l’ambiance en nous diffusant une bonne musique des années 70/80, Après quelques verres nous envisagions de tenter un retour vers notre domicile mais Simone nous en dissuada en nous affirmant qu’elle s’était renseignée et que le calme n’était toujours pas revenu, elle nous proposa de passer la nuit dans son bar en nous mettant à disposition une petite chambre sous l’escalier qui était utilisée pour les passes. Cette chambre ne possédait qu’un seul lit et pas très large, 120 cm si mes souvenir sont bons, Gilles et moi nous couchèrent donc en travers de ce lit car vu nos corpulences 120 cm cela faisait un peu juste, le lit n’était pas de première jeunesse ni très costaud, en ayant deux beau bébé comme nous, moi ayant grandi en largeur et Gilles en longueur, il ne résista pas longtemps et deux pieds cassèrent, ce qui fit que nous terminâmes notre nuit en dormant « en pente », autant dire que nous dormîmes très peu.
Au petit matin tout semblait rentrer dans l’ordre, nous nous dirigeâmes vers ma maison pour prendre une douche avant d’attaquer notre journée de travail, en chemin je dis à Gilles qu’il serait préférable de ne pas dire à mon épouse que nous avions passé la nuit dans un bordel car elle aurait du mal à croire que nous avions dormi ensemble et pas avec des filles de petite vertue.
Je lui dis : « Nous dirons que nous avons dormi au restaurant ».
Notre mensonge ne tenu que quelques heures car soupçonneuse mon épouse téléphona au gardien de nuit du restaurant pour le questionner puis vers 13 heures Simone « enfonça définitivement le clou » en entrant dans mon restaurant et en criant à l’adresse de mon épouse : « Bonjour Da, tu sais que Gérard et Gilles ont dormi dans mon bar cette nuit ». Inutile de dire que j’ai eu droit à une bonne semaine de « soupe à la grimace ! »

Gérard THEVENET / WAM TOUR

Souvenirs des années 90 au Cambodge

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S’il est un grand photographe français qui a couvert l’actualité au Cambodge du début à la fin des années 90 c’est bien Serge Corrieras qui possède une fabuleuse collection de photos concernant les principaux évènements de cette époque.
J’ai connu Serge en 1994 lorsqu’il tenait le Gecko bistro à Phnom Penh, nous nous retrouvions souvent chez lui à l’apéro ou pour dîner avec les quelques expatriés qui vivaient à Phnom Penh à l’époque, je me souviens tout particulièrement de Laurent Grosse le Suisse qui travaillait à Kantha Bopha pour le célèbre et extraordinaire Docteur Beat Richner, grand bienfaiteur du Cambodge, je me souviens d’un jour ou Serge avait organisé une soirée fondue au fromage, c’est notre ami suisse qui devait la cuisiner et c’est d’ailleurs lui qui avait ramené les fromage de Suisse. Serge avait préparé un tableau devant son établissement sur lequel il avait inscrit : « Ce soir au Gecko Bistro fondue savoyarde » , lorsque Laurent notre Suisse voit l’écriteau il s’écrie : « Comment ! Qui a osé écrire ceci ? Moi je cuisine une fondue Suisse, la fondue savoyarde je ne connais pas ! », il a vite fallu corriger pour calmer notre cuisinier.
Il y avait également un autre suisse sympa qui fréquentait ce lieu Claude-Alain Amiet, un type formidable qui travaillait pour la Croix-Rouge Internationale et qui était si je me souviens bien Chef de projet pour la fabrication de prothèse de bras ou de jambe, il avait accompli à l’époque un travail énorme en faisant venir d’Allemagne de l’Est des machines (tours et autres…) pour fabriquer les pièces de ces prothèses, il avait retrouvé des ouvriers qui avaient été formé en Allemagne de l’Est sur ces machines quelques années plus tôt durant l’occupation du Cambodge par les vietnamiens. Mr « Moignon » vit désormais en Angola ou il ne doit pas manquer de travail vu les ravages que les mines ont fait subir à la population de ce pays.
Pour en revenir à Serge Corrieras je vous conseille de vous rendre sur son site :
https://www.flickr.com/photos/scrambler450/sets/ , vous y découvrirez toutes les plus belles photos du Cambodge des années 90 mais également d’autres
albums originaux qui vous feront découvrir l’ensemble de la carrière de ce photographe de talent.
Une autre anecdote, sur la couverture de la première édition du célèbre livre de Pierre-Régis Martin et Dy Dathsy « PARLER le cambodgien, COMPRENDRE le Cambodge » se trouve la photo d’une ravissante toute jeune fille, il s’agit de d’Asia la fille de Serge Corrieras qui doit maintenant avoir environ 19 ans, comme le temps passe ……
Une autre anecdote pour terminer, Serge avait un chien surnommé Toto, un bon bâtard cambodgien, à l’époque Serge sillonnait les rues de Phnom Penh en moto avec Toto comme passager qui posait ses deux pattes arrières sur l’extrémité de la selle et les deux pattes avant sur le réservoir, ils n’étaient pas peu fiers tous les deux ! Toto a connu une fin tragique, empoisonné par des voleurs.

Gérard THEVENET / WAM TOUR

Souvenirs des années 90 au Cambodge : Max Vella

DSC_0025 - CopyAu milieu des années 90 lorsque j’étais le propriétaire du restaurant La Taverne sur le quai Sisowath à Phnom Penh j’ai fait la connaissance d’un personnage haut en couleur et dont la vie ressemblait à un roman d’aventure, il se nommait Max Vella.
Démobilisé au Cambodge à la fin des années 40 il est avait réussi à se faire engager comme cuisinier de Norodom Sihanouk, cuisinier au Palais Royal de Phnom Penh il me racontait ses aventures.
Il me parlait de Résidence Royale dans le Rattanakiri au bord du lac ou un soir ou le roi avait invité de nombreuses personnes à dîner sur la terrasse au-dessus de l’eau, les invités portaient des toasts et ensuite « à la russe » jetaient les verres dans le lac, il me dit avoir été obligé de recommander d’urgence d’autres verres à Phnom Penh, heureusement un avion partait chaque matin de la capitale pour livrer des croissants frais qui étaient fabriqués par le restaurant La Taverne, en face de la Poste, c’est d’ailleurs pour cela que j’avais donné le même nom à mon restaurant que j’avais créé sur le quai Sisowath.
Max en parallèle à son métier de cuisinier avait plusieurs autres occupations, il me racontait qu’il avait eu une plantation de café et me donnait des détails sur les méthodes de torréfaction à l’époque.
Il me disait avoir connu un charcutier français installé près du Marché Central (Phsar Thmey en cambodgien, pourtant Thmey en cambodgien signifie nouveau et pas central…) qui avait plusieurs camions qui lui rapportait des porcs de province, les camions étaient désinfectés et nettoyés puis repartaient avec des charcuteries qui était livrées sur toutes les provinces et même d’autre régions de l’Indochine.
Il m’expliquait avoir possédé à Sihanoukville un restaurant à 1km du port qui se nommait Chez Max La Plage.
Il avait également possédé une concession de bois dans la province de Stung Treng, il m’expliquait qu’une seule route conduisait à ce domaine et que son officier lorsqu’il était militaire, lui n’était que sous-officier, donc cet officier toujours en poste au Cambodge devait emprunter cette route pour faire ses inspections. Max qui ne gardait pas un bon souvenir de cet officier avait inventé un stratagème que je trouve drôle, il avait engagé un gardien juste pour embêter cette officier, ce gardien devait lorsqu’il voyait arriver le militaire français tendre une chaîne traversant cette voie unique, au milieu de la chaîne il y avait un panneau sur lequel on pouvait lire : « Ici commence le domaine de Max Vella. Interdiction de passer ».
Chaque année lui et son équipe de bûcherons ainsi que d’autres propriétaires de concessions fabriquaient d’énormes radeaux en bambous sur les lesquels ils disposaient les grumes de bois précieux, ce bois étant très lourd ne flottait pas. Ils confectionnaient ainsi un train de radeau qui mesurait d’après ses dire jusqu’à un kilomètre de long pour descendre le Mékong et en rejoindre son Delta au Vietnam ou ils vendaient leur bois. Le voyage durait des semaines, chaque soir ils faisaient étape dans un village, c’était la fête ! Une fois arrivé à destination ils vendaient le bois précieux et vendaient également les bambous des radeaux , cette seconde vente rapportait de l’argent qui servait d’après ses dires à faire la fête durant trois semaines à Saigon avant de repartir entreprendre de nouvelles coupes de bois.

Je ne sais pas si tout ce que tu m’as raconté est bien réel, en tout cas moi j’ai envie d’y croire, merci Max et paix à ton âme ! Tu m’auras bien fait rêver !

Gérard THEVENET / WAM TOUR