Archives de catégorie : Un expatrié au Cambodge

Ce qui m’énerve ou me révolte au Cambodge !

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Les visites des écoles et des orphelinats par les touristes en exposant les enfants cambodgiens comme si c’était des animaux de foire et c’est un organisateur de circuit qui vous l’écrit.
La police qui rackette à longueur de journée les gens qui roulent à moto et qui n’osent jamais s’en prendre aux conducteurs de gros 4×4 qui eux ont tous les droits.
Les bonzes qui font l’aumône et les pauvres qui donnent tout ce qu’ils possèdent en étant persuadés que Bouddha va leur apporter une vie meilleur.
Les chiens qui aboient la nuit car eux ils voient les fantômes, s’il vous plait les fantômes arrêtez de faire peur aux chiens ! On arrive plus à dormir !
Les mariages ou les enterrements avec des sonos pourris poussées au maximum dès cinq heures du matin jusqu’à tard le soir.
Les habitants qui privatisent et obstruent complètement une rue en y installant un chapiteau pour recevoir les invités pour un mariage.
Les ouvriers que l’on tue ou emprisonnent lorsqu’ils manifestent ou se mettent en grève.
Le mépris des riches khmers parvenus (s’étant enrichis souvent grâce à la corruption) pour les pauvres.
Les pédophiles asiatiques qui sévissent souvent en toute impunité dont font partie les pères incestueux qui abusent de leurs filles après le décès de leurs épouses.
Tous ces expatriés (dont je fais partie) qui se croient supérieurs aux cambodgiens et qui ne cherchent pas à s’adapter aux coutumes locales.
Les chauffeurs de tuk tuk et de motos taxi qui vous interpellent sans cesse même lorsqu’ils vus voient descendre de votre voiture.
Etc…
Gérard Thévenet – WAM – Agence de voyage locale indépendante au Cambodge.

Bilan de santé après plus de 20 ans d’expatriation

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Jusqu’à mes 50 ans j’ai toujours vécu comme un bon épicurien, j’aimais les bonnes bouffes et les bons vins ce qui fait qu’au cours des années surtout depuis que j’avais quarante ans j’avais accumulé beaucoup de kilos, il m’en reste encore beaucoup en trop mais j’en en ai quand même perdu trente-cinq. Jusqu’à quarante ans je n’avais pas de problèmes de poids car je faisais un footing de dix kilomètres tous les matins, ensuite une mauvaise entorse qui a mis très longtemps à guérir m’a privé de ce plaisir ce qui fait qu’en conservant le même régime alimentaire les kilos ont commencé à s’accumuler. Je fumais aussi beaucoup, en 1997 j’en étais arrivé à trois paquets par jour et quelquefois quatre, je ne me sentais pas bien du tout, des maux de tête sans cesse, j’avais mal à la gorge et je respirais mal, mon fils avais alors deux ans, un jour que je le regardais jouer devant moi je me suis dit : « Pauvre con, avec la vie que tu mènes, avec ce que tu fumes et ce que tu bois tu n’en as plus pour longtemps et tu ne le verras même pas grandir, alors qu’il a besoin de toi. ». Depuis ce jour de 1997 je n’ai jamais retouché une cigarette, pendant les trois premier mois, j’ai vécu l’enfer, après chaque repas j’avais envie de fumer, atrocement envie, la nuit je me réveillais toutes les 15 ou 20 minutes, j’étais en manque !
J’ai résisté à toutes ces tentations et même si ces envies de fumer ont perduré pendant un an à la fin de chaque repas je n’ai jamais cédé à la tentation, j’avais aussi fortement réduit ma consommation d’alcool afin de toujours rester maître de mon esprit et de conserver toute ma volonté.
Cela fait donc 17 ans que je ne fume plus et si à cette époque je n’avais pas pris cette décision je suis bien persuadé qu’aujourd’hui je ne serai pas là pour vous en parler.
Enfin mes problèmes de santé n’étaient pas complètement résolus car j’avais compensé le manque de cigarettes par la nourriture et les kilos superflus sont arrivés venant se rajouter à ceux déjà accumulés dix ans plus tôt lorsque j’avais cessé le sport.
A la fin des années 2000 je suis tombé malade et les examens ont révélé que j’étais diabétique et que je devais suivre un traitement à vie, c’est ce que j’ai fait pendant deux ans, des cachets et un régime adapté à ce genre de maladie.
Il y a trois ans un vieux médecin français expatrié au Cambodge m’a dit qu’il fallait que je fasse extrêmement attention car il est possible de perdre la vue et que cela produise un dysfonctionnement des reins pouvant provoquer une paralysie, puis évidemment cela peut entrainer la mort.
Si vous voulez améliorer votre état de santé il n’y a qu’une solution faites de l’exercice, faites du sport ! A-t-il ajouté.
Dès le lendemain je m’essayais à la marche mais j’étais trop lourd, j’ai parcouru cinq kilomètres et mes pieds avaient doublé de volume, ce n’était pas la solution, je me suis donc mis au vélo, je me suis acheté un VTT et au début j’ai commencé à faire des petites balades, 10 km, 20km puis 30 km chaque jour, j’ai adapté mes habitudes alimentaires à celles d’un sportif, surveillé mes apports en protéines.
Mon état de santé s’est très rapidement amélioré, mon taux de glycémie baissait rapidement, les kilos aussi, au bout de quelques mois plus de médicaments, plus besoin ! Mon taux de glycémie était stabilisé !
Depuis deux ans et demi je n’ai plus besoin de traitement, je suis en pleine forme, une importante masse musculaire aux jambes peut maintenant me permettre outre le vélo de marcher durant des heures sans connaître la fatigue !
Une seule règle ! Cinq à six jours par semaine de une heure à une heure trente de vélo chaque matin, le dimanche matin c’est souvent trois heures ou plus, il y a quelque mois je me suis même fait une randonnée de 120 km avec un copain.
Pour rester en bonne santé il faut être à l’écoute de son corps, votre meilleur médecin c’est vous !
Ne pensez pas que je vis comme un reclus en me privant de tout, au moins une fois par semaine je fais une petite sortie au restaurant en ne me privant de rien et surtout pas de bon vin ! Le reste du temps je surveille mon alimentation.

Gérard Thévenet / WAM / Agence de voyage locale francophone au Cambodge

Ce que je n’aime pas au Cambodge

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On a beau adorer un pays et sa population il y a toujours de petites choses, des détails qui vous déplaisent, personnellement il y en a plusieurs et je vais vous les énumérer ci-dessous :
1) L’attitude de certains riches cambodgiens envers les plus pauvres, les cambodgiens riches en général méprisent les plus pauvres, ils les traitent comme des moins que rien, leur attitude me fait beaucoup penser à l’Inde avec ses castes. Finalement autant j’aime le peuple autant je déteste tous ces parvenus qui se prennent pour des êtres supérieurs. Ils me donnent juste envie de vomir. Heureusement qu’ils ne sont pas tous comme ça.
2) Le manque d’éducation des jeunes cambodgiens qui passent devant vous à la caisse des supermarchés par exemple, qui vous bousculent, je n’apprécie pas du tout ce genre d’impolitesse.
3) Les chauffeurs de tuk tuk qui braillent dans la rue, qui agressent les passants en criant « Do you want tuk tuk ? Do you want tuk tuk? Do you want tuk tuk? », Ils me font même le coup lorsqu’ils me voient descendre de ma voiture.
4) Les jeunes qui zigzag à toute allures aves leurs motos entre les voitures, c’est très dangereux.
5) Les mendiants professionnels qui n’ont aucun handicap et qui harcèlent les touristes.
6) Les enfants que l’on force à mendier
7) Je n’aime pas les œufs couvés, un met apprécié des cambodgiens qui consiste à manger des œufs de canard couvés pendant 19 jours (moins 2 jours avant la naissance). Je n’ai jamais eu le courage de tenter l’expérience.
8) Les fonctionnaires corrompus qui viennent vous racketter.
9) Que les étrangers payent plus chers que les locaux les billets d’avion et les billets de bus.
10) Les filles cambodgiennes qui se marient par intérêt et/ou par obéissance avec le mari que choisissent les parents alors que toutes pleurent devant les films romantiques relatant de belles histoires d’amour.

Gérard Thévenet / WAM / Agence de Voyage Locale au Cambodge

LA CORRUPTION AU CAMBODGE

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Au Cambodge la corruption fait partie de la vie de tous les jours, elle est tellement présente de partout que pour beaucoup c’est normal.
Dans ce pays un fonctionnaire n’occupe pas un poste pour obtenir un salaire, non pas du tout il occupe ce poste par rapport à ce que sa position va lui permettre de racketter et en voici quelques exemples :
– Aux intersections durant la journée il y a presque toujours un petit groupe de policiers, le nombre varie en fonction de l’importance du carrefour, plus c’est stratégique plus il y a de policiers, plus le policier est véreux plus il sera placé dans un point important ! Et là que se passe-t-il ? Eh bien on rackette ! On attend les motos : Celui qui n’a pas de casque, celui dont les papiers ne sont pas règle, celui qui commet une petite infraction, etc…On l’arrête et on lui demande de payer une certaine somme d’argent sinon on lui confisque le véhicule ! A noter que l’on arrête rarement les voitures et encore moins quand c’est des 4X4 rutilants, là on pourrait avoir affaire à des gens riches, à des gens de pouvoir ! Mieux vaut ne pas prendre de risque ! En fin d’après-midi on rentre au poste et l’on se partage le butin de la journée, la plus grosse part va évidemment aux supérieurs qui distribuent les emplacements. La nuit tombée vous pouvez retirer vos casques, vous pouvez griller les feux, ressortir vos motos qui n’ont pas de papier, les policier sont rentrés et ne reviendront pas avant demain. A noter que l’on n’arrête pas souvent les étrangers, est-ce pour ne pas avoir de problème ? Est-ce un problème de langue, de compréhension ? Y aurait-il une note de service interne qui le stipule ? Si toutefois un jour cela vous arrive demandez au policier qui vous a arrêté de vous dresser une vraie contravention, vous ne refusez pas de payer mais vous voulez un reçu en règle, si la faute n’est pas grave il va vous laisser partir ou au pire vous allez payer une petite poignée de riels, rien à voir avec ce qui était demandé au début.
– Dans la campagne et aux entrées des villes il y a carrément des postes de contrôle avec des barrières ou des chicanes en travers de la routes, là ce sont les véhicules des transports qui sont visés, les camions, les minibus, les voitures et mêmes les motos tirant des remorques, tout le monde doit payer, et tous connaissent le tarif car souvent le véhicule ne fait que ralentir et le chauffeur ou le co-pilote jette le billet par la fenêtre de la portière. Si vous êtes étranger vous passez, rien à payer ! Il y a quelque année à la saison creuse j’avais offert des vacances à mes collaborateurs cambodgiens dans le Mondulkiri et c’est moi qui conduisait le minibus de l’agence, à un moment donné nous avons aperçu au loin un de ces points contrôle , j’étais le seul blanc à l’intérieur du véhicule, je me suis alors entortillé la tête dans un Krama (pièce de tissu cambodgienne multiusages) et je portais des lunettes de soleil, ne voyant aucun blanc à l’intérieur du véhicule les policiers le stoppèrent, lorsqu’ils s’approchèrent de moi je découvris mon visage et là ils sursautèrent et l’un d’eux me cria : « Taeu !Taeu ! » ce qui signifie vas-t-en ! Honteux d’avoir été bernés, mon équipe était morte de rire !
– Lorsque vous avez un accident de la circulation la police embarque les véhicules même peu endommagés, dans ce cas un bon conseil, prenez des photos de tout le véhicule car lorsque vous retournerez le chercher il risque d’en manquer des morceaux ou certaines pièces risquent d’avoir été remplacées par d’autres plus usagées.
– Lorsque je me suis marié en 1994 je devais faire traduire mes document officiels en cambodgien auprès du ministère des Affaires Etrangères, cette formalité est en principe gratuite mais l’employé à ma grande stupéfaction me réclama 400 us$, je lui avais répondu que ce n’était pas possible, que je savais qu’il avait un petit salaire, une famille à nourrir et que je voulais bien le gratifier avec 20 us$ voir 30us$ mais pas plus§ Eh bien il n’y a rien eu affaire il n’a jamais accepté de traduire et à l’époque c’est un employé de l’Ambassade de France qui a traduit ces documents et la secrétaire du consul de l’époque les a envoyé à Nantes en stipulant que cela n’avait pu être réalisé par le Ministère des Affaires Étrangères à cause d’un niveau de corruption trop élevé.
C’est aussi ça le Cambodge mais continuez à venir visiter ce beau pays, les étrangers ne risquent pas grand-chose, ce sont les pauvres locaux qui subissent.
Le gouvernement tente de lutter contre tout cela, de temps en temps on voit un chef des taxes se retrouver en prison, un policier muté, etc… mais la gangrène est si profonde que le mal sera très dur à éradiquer !
Un jour un vieux professeur d’université cambodgien m’a dit, il y a eu deux grands problèmes au Cambodge, d’abord les khmers rouges qui ont tué et fait souffrir tant de gens puis les forces des Nations Unies et ceux qui les accompagnaient qui en matière de corruption ont enseigné aux cambodgiens tout ce qu’ils ne savaient pas encore !

Gérard Thévenet

Les Karaokés au Cambodge….

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Dans tout le pays les karaokés sont omniprésents, les cambodgiens adorent chanter, ils sont nombreux d’ailleurs à avoir de belles voix et à chanter juste.
Il y a par exemple à Siem Reap plusieurs établissement que l’on peut qualifier de karaoké de luxe car ils sont composés de plusieurs salons climatisés avec des canapés et pouvant accueillir de 10 à 50 clients.
Les hôtesses vous présentent des classeurs avec des milliers de titres de chansons dans différentes langues (cambodgiens, chinois, coréen, anglais et même dans certains en français), vous choisissez vos titres, on vous donne un micro et c’est parti….
Lorsque les hommes viennent seuls, à peine êtes-vous installés qu’une pléiade de jeunes hôtesses pénètrent dans la salle, vous devez alors choisir votre « cavalière » pour la soirée, ce qui n’est pas obligatoire. Votre nouvelle compagne va tout au long de la soirée vous tenir compagnie, chanter, beaucoup chantent très bien, mais surtout leur mission principale est de vous faire consommer et de de « trinquer » avec vous environ toutes les trois minutes. Avec les consommations on dispose également de nombreuses assiettes contenant de la nourriture (fruits frais et séchés, viandes et poissons séchés ou grillés, etc.), ces assiettes sont recouverte de films plastiques, dès que le film est ôté, l’assiette est facturée.
Il nous arrive à mon équipe de collaborateurs locaux et moi-même de terminer une soirée dans l’un de ces lieux (sans les hôtesses), je trouve que c’est un endroit sympa ou l’on peut chanter, danser et se détendre.
Une soirée comme celle-ci va vous couter au minimum une centaine de dollars us pour tout le groupe et cela inclus la location du salon, la musique, les boissons et nourriture.
Il est très rare de rencontrer des occidentaux dans ce genre de lieux, ces derniers préfèrent les discothèques et les bars du centre-ville.

Gérard THEVENET / WAM TOUR

Comment créer une agence de voyage au Cambodge ?

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Beaucoup s’imaginent que c’est très simple de créer et de faire durer une agence de voyage réceptive au Cambodge, qu’ils lisent bien ce qui suit :
Au début de l’année 2007 lorsque j’ai décidé de créer mon agence à Siem Reap j’étais conscient que je m’attelais à une lourde tâche et qu’il allait me falloir énormément d courage et de persévérance pour réussir. J’ai d’abord recruté une collaboratrice locale qui avait une certaine expérience dans ce métier car personnellement même si j’avais des idées je ne savais pas comment les mettre en pratique, comment présenter un programme ? Comment recruter des guides ? Comment réussir à obtenir des contrats avantageux avec les hôtels ? Comment référencer mon site internet pour trouver des clients ? Comment me faire connaître ? Comment acquérir une certaine notoriété ? Et bien d’autres détails encore…..
Finalement la recette est très simple : Travailler, travailler et travailler ! Dans le premier bureau que j’avais ouvert à l’intersection de la route N° 6 qui conduit à l’aéroport et/ou à Phnom Penh et le Boulevard Sivatha nous nous étions installés mon épouse, notre fils et moi au premier étage de ce bureau dans un loft, une grande pièce qui nous servait, de chambre, de salle à manger, de cuisine et qui possédait une salle de bain. Nous avons vécu pendant un an et demi dans ce lieu, mon rythme de vie était très simple : je travaillais de 7 heures du matin à minuit moins les pauses repas et ce 7 jours sur 7. Je gérais les demandes, m’occupais des clients sur place et surtout dès que j’avais un instant de libre je communiquais, j’intervenais sur des forums, j’envoyais des courriels, je contactais tous ceux que je pouvais contacter.
Ce travail de forçat à commencer à porter ses fruits au bout de six mois, j’ai arrêté de dépenser et j’ai commencé à faire quelques bénéfices, juste pour couvrir mes fais de fonctionnement et le salaire de ma collaboratrice, puis quelques mois plus tard cela me permit de m’octroyer un petit salaire. Au bout d’un an il a fallu recruter une seconde collaboratrice.
A la fin de l’année 1997, c’est-à-dire après 9 mois d’existence j’avais 245 réservations de clients directs, mon travail et je pense également la confiance que j’inspirais au travers de mes messages m’avaient permis d’arriver à ce résultat, j’étais heureux car j’étais en train de réussir mon challenge, je commençais à gagner un peu d’argent mais cela n’était vraiment pas important pour moi. J’étais tout simplement fier de moi, moi le fils de paysan, qui n’avait pas fait beaucoup d’études j’étais en train de devenir un voyagiste reconnu et mes clients adorait mes prestations, c’est d’ailleurs ce qui a contribué à notre succès dès la deuxième année : Le bouche à oreilles ! Dès la deuxième année j’ai été contacté par des professionnels qui me demandaient des services Cambodge pour leurs clients, quelquefois pour des groupes importants.
Après 18 mois nous avons déménagé pour nous installer sue la rue de Vat Bo ou nous sommes toujours actuellement. Ce déménagement avait trois raisons :
1) Nous en avions marre de vivre à trois dans une seule pièce
2) Nous étions dérangés toute la journée par des touristes qui voulaient des renseignements gratuits et/ou un plan de la ville et des temples alors que nos vrais clients se trouvaient sur le net.
3) Notre bureau devenait trop exigu car nous allions devoir recruter plus de collaborateurs.
Sept ans plus tard nous sommes une équipe de huit personnes à temps complets plus des dizaines d’autres qui travaillent à temps partiel pour WAM, principalement des guides et des chauffeurs. Chaque année de nombreux nouveaux clients recommandés par nos anciens clients nous réservent des voyages.
Pourquoi ne suis-je pas devenu riche ? Les commissions de réceptifs locaux comme nous ne sont pas si énormes et lorsque par hasard notre entreprise fait quelques bénéfices nous les partageons avec nos collaborateurs, c’est peut-être aussi pour cela que j’ai autour de moi une équipe de professionnels locaux soudés qui sont là depuis cinq ans et plus.
Gérard THEVENET/ Wam Tour

POURQUOI ME SUIS-JE INSTALLE AU CAMBODGE IL Y A PLUS DE 20 ANS ?

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En 1993 lorsque j’ai visité le Cambodge pour la première fois j’ai immédiatement eu un coup de cœur pour ce pays et ce pour plusieurs raisons :
– C’était un pays dévasté qui ne s’était pas encore remis de la barbarie khmère rouge mais encore moins de l’occupation vietnamienne qui a suivi, durant plus d’une décennie ces derniers ont complètement pillé le pays, si vous recherchez des antiquités cambodgiennes allez au Vietnam c’est là qu’elles se trouvent. La misère était partout, la saleté aussi : A Phnom Penh les égouts étaient à ciel ouvert et les immondices jonchaient les rues. C’est ce qui m’a séduit, je me suis dit ce pays va se reconstruire, ici il y a des possibilités de s’établir et de réussir.
– La seconde raison est que j’aime cette population, leur façon de vivre, leurs traditions, leur esprit de famille, ici il n’y a pas de mouroir comme chez nous ou on mets les vieux pour s’en débarrasser, ici les grands-parents restent avec leurs enfants et s’occupent de leurs petits-enfants, ce sont sans doute mes racines paysannes qui font que j’apprécie ces traditions, dans mon enfance c’était comme ça, mes grands-parents m’ont tant appris et ont fait de moi l’homme que je suis aujourd’hui, ils y ont beaucoup plus contribué que mes parents que mes parents trop occupés par leur travail. Lorsque les vieux n’ont pas de famille au Cambodge ils se réfugient à la pagode et terminent leur vie ici et franchement je crois que c’est mieux de finir comme cela près des bonzes que maltraité dans une quelconque maison de retraite ou l’on ne s’intéresserait qu’à largement que vous leur rapportez chaque mois.
– La troisième raison c’est qu’en 1994 j’ai épousé Da, une petite vendeuse de marché, à l’époque elle avait 19 ans et elle louait un petit emplacement sur un marché où elle vendait de la viande. De cette union est né Nicolas Sey qui a maintenant 19 ans. Mon épouse ne se prénomme plus Da mais Isabelle car lorsqu’elle a acquis la double nationalité elle a également eu l’opportunité de pouvoir changer de prénom.
Je n’ai jamais regretté mon choix malgré quelques moments difficiles pour réussir mon intégration et dans mes affaires, lorsque je vois ce qui se passe dans mon pays d’origine la France : le taux de chômage, la situation politique, la mentalité des gens qui trouvent normal d’être sans cesse assistés qu’il me semble qu’ils en font même une profession et toujours en train de se plaindre tandis qu’ici au Cambodge même les plus pauvres et même souvent les plus pauvres continuent à sourire, à relativiser, à se chercher des petits boulots pour survivre…UN AUTRE MONDE VRAIMENT ET C’EST CELUI-LA QUE J’AIME ! C’est la vie que j’ai choisi et pour rien au monde je ne souhaiterai en changer.
Gérard Thevenet / Wam Tour