En 1998 de Phnom Penh à Siem Reap par la route

gérard photoEn 1998, je déménageais de Phnom Penh pour m’installer à Siem Reap et j’ai accompli à cette époque plusieurs fois le trajet par la route entre ces deux villes, il fallait alors compter de 13 à 14 heures , la route était défoncée pratiquement tout le long, et il fallait traverser une bonne dizaine de ponts provisoires pour la plupart branlants, ils étaient construits avec des traverses de chemin de fer et il y avait uniquement deux planches en travers à l’emplacement des roues du véhicule, c’était assez impressionnant.

Je me souviens qu’une fois une amie française avait voulu faire la route avec nous, arrivée au premier elle s’était mise à hurler :

« On ne va pas passer là-dessus ! Ce n’est pas possible arrêtes- toi !».

Elle descendit du véhicule, traverser un pont branlant sans parapet en marchant sur une planche large de trente centimètres est encore plus impressionnant qu’à bord d’une voiture, elle est donc remontée, elle a mis sa tête entre ses mains et j’ai traversé, la scène s’est répétée à chaque traversée de pont.

Une autre fois je me souviens qu’au beau milieu d’un pont une planche a cassé et je me suis retrouvé avec la roue avant gauche coincée entre les deux traverses espacées de quarante centimètre. J’ai eu beaucoup de chance ce jour-là car la route était peu fréquentée, un paysan local qui circulait à moto s’est arrêté et m’a aidé à sortir la roue du trou, il avait une force herculéenne, il a réussi à lever la voiture tout seul pendant que je glissais une planche dessous.
Il fallait partir à 5 heures du matin de Phnom Penh pour espérer arriver à sept heures du soir à Siem Reap, c’était une journée fatigante pour nous tous et pire pour moi qui était le seul à conduire, en chemin nous nous accordions quelques pauses, la première à Skoun ou mon épouse achetait des mygales grillées qu’elle dégustait avec notre fils Nicolas alors âgé de trois ans, dans ces instants ou ils étaient tous deux occupés à dévorer ce jolies petites bêtes j’éprouvais souvent des grands moments de solitude, me demandant ce que je faisais ici. La halte de Kampong Thom était plus tranquille, on pouvait y manger un riz frit traditionnel ou autre plat cambodgien moins rébarbatif que les mygales.

Gérard THEVENET/ Wam Tour