Légende khmère: Monsieur perroquet et Madame merle

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Il y avait Autrefois Il y avait dans le royaume de Mit-Khala un roi nommé Préa-Mohosot, qui gouvernait sous le nom de Préa-Vitès-Réas. Ce roi possédait un très beau Perroquet qu’il aimait beaucoup. Or, un jour il appela son Perroquet et lui dit:

— Tu vas partir pour le royaume de Pichey-Banh-Réach-Séma dont le roi Chuol-Lavey m’a fait offrir sa fille pour épouse et donc pour reine; tu sauras si la proposition qu’il me fait de venir en son royaume épouser la belle Banh-Chal Chanty-Réach-Thida ne cache pas quelque piège. Il y a dans le palais du roi un Merle femelle très jolie que le roi Chuol-Lavey nourrit dans sa chambre; elle doit savoir ce que son maître a décidé contre moi avec son conseiller, l’achar Khèo; tu iras lui parler d’amour et tu l’interrogeras habilement, puis dès que tu auras appris d’elle ce que je veux savoir, tu reviendras immédiatement ici me rendre compte de ta mission.
Ceci dit, le roi Préa-Mohosot donna à manger à son Perroquet et le fit partir.

     Parvenu dans la capitale du royaume de Banh-Chal-Réach-Séma, le Perroquet fut se poser sur le toit du palais de Chuol-Lavey. N’apercevant personne, la pensée lui vint de parler afin d’attirer l’attention de la jeune Merle qu’il voulait séduire, et de suite il se mit à parler très haut. Ce qu’il avait prévu arriva, la Merle ayant entendu parler sur le toit, sortit pour voir qui parlait ainsi très agréablement. Elle aperçut le Perroquet et trouva que sa voix était belle et douce; de suite il lui plut dans son cœur, car elle n’avait jusqu’alors jamais entendu que la voix des hommes. Pour mieux entendre le bel étranger, elle vola et vint se poser sur une fenêtre du palais.
Alors elle se mit à rire, à parler toute seule en regardant le ciel, faisant mille petites manières afin d’être regardée par le Perroquet. Celui-ci, l’ayant entendue parler, la vit tout de suite, il sourit et fut, en volant, se placer au-dessus d’elle.

— Quelle bonne chance, lui dit-il, j’ai de vous rencontrer. J’ai parcouru beaucoup de royaumes sans jamais voir une aussi jolie Merle que vous; vous êtes la plus belle des Merles. Vos ailes, votre bec et votre corps sont très beaux. Je vous aime beaucoup; amusons-nous donc ensemble. Je vous en prie, parlez-moi, dites-moi quelques mots. Pourquoi vous taisez-vous ? Je voudrais entendre votre voix, écouter vos paroles. Donnez-moi votre confiance, ne craignez rien de moi. Je viens d’un pays éloigné, je viens d’arriver et je n’ai pas encore mangé; j’avais grand faim quand je vous ai vue, mais maintenant ma faim est passée, parce que votre vue m’a rassasié. Je vous en prie, ne partez pas. Je vous regarde comme je regarderais une tévoda. Ne faites pas des manières, car je considère que c’est une grande chance pour moi de vous avoir rencontrée. Dites-moi seulement quelques mots, puis après vous vous tairez. Vous paraissez inquiète et toute confuse, vous baissez votre joli bec. Avez-vous donc peur ?

La Merle, ayant entendu ces belles paroles, leva la tête, regarda le Perroquet et lui demanda :

— D’où venez- vous et que voulez-vous ? Vous n’avez donc pas peur du roi Chuol-Lavey que vous venez vous poser sur le toit de son palais? Si le roi vous aperçoit, il vous fera mourir. Vous paraissez ignorer que Chuol-Lavey est tout-puissant et que tous les dignitaires de son royaume tremblent devant moi. Nul autre oiseau que moi n’a jamais osé pénétrer dans le palais; vous êtes très hardi d’oser venir jusqu’ici. Moi, je ne suis pas une femelle du marché, habituée à entendre la voix des mâles et qui fait l’amour avec eux. Vous ne devez pas me parler comme vous le faites. Partez immédiatement, sinon je vole avertir le roi et, sans aucun doute, il vous fera mourir. Alors vous ne reverrez plus vos parents.
Ayant ainsi parlé, la Merle regardait le Perroquet du coin de l’œil et souriait.

— Je vous en prie, jolie Merle, lui répondit le Perroquet, ne vous fâchez pas après moi. Je ne veux pas sortir du palais parce que j’ai vu votre jolie, très jolie figure et que je vous aime. J’y mourrai peut-être avec vous, mais alors je renaîtrai dans un autre monde avec vous et vous y serez mon épouse. O ma belle Merle, pensez à moi dans votre cœur. Je ne suis pas un de ces Perroquets qui aiment quelques jours puis s’en vont aimer ailleurs. Je vous aime et vous serez toujours mon épouse aimée.
— Alors, lui dit la Merle, quel est votre nom et quel est votre pays?
Le Perroquet fut très heureux dans son cœur de voir la Merle s’adoucir et s’intéresser à lui, mais il se dit à lui-même:
— Si je dis que je viens du royaume de Mit-Khala, la Merle soupçonnera peut-être que je viens aux renseignements; mieux vaut ne pas dire la vérité.
— Je suis, lui répondit-il en riant, originaire du royaume de Arith-Réach-Séma et mon nom est Secsom-Montit. Je suis un des serviteurs du roi qui m’aime beaucoup. Pour me marquer son amitié, il m’avait donné une belle épouse, qui portait le beau nom de néang Srâkar-Khéo; elle était belle comme les anges et vous ressemblait beaucoup. Le roi nous avait donné une belle cage d’or et nous habitions près de lui. Nous étions très heureux, mais le malheur vint nous trouver.

Un jour que nous nous étions envolés, mon épouse et moi, afin de nous promener, nos forces s’épuisèrent et nous dûmes nous reposer sur le toit d’une véranda. Malheureusement, un vilain aigle nous aperçut et s’abattit sur nous. J’eus le temps de m’enfuir, mais mon épouse qui était enceinte et donc un peu lourde à cause de cela, fut moins vive que moi. L’aiglon la saisit, l’emporta et la dévora. Ce grand malheur me causa un si gros chagrin que je ne pouvais plus boire ni manger et que je ne pouvais plus assister aux audiences royales. Il y a trois ans de cela et depuis cette époque je n’ai pas fréquenté une seule femelle. Je suis demeuré veuf sans jamais manquer à mon veuvage. La saison froide étant venue, j’ai entendu le bruit du vent qui soufflait et j’ai pensé à mon épouse morte. J’avais l’habitude de dormir près d’elle, maintenant le vent souffle sur mon corps et j’ai froid parce que je suis seul.

Le roi s’aperçut que j’étais très triste, que mon désespoir ne cessait point, et il vint à moi. «Il ne faut pas être triste comme cela, mon pauvre Perroquet, me dit-il. J’ai entendu dire que le roi Chuol-Lavey nourrit dans sa chambre une jolie Merle qu’il aime beaucoup. Va la voir et si tu la trouves belle, si tu l’aimes, tu reviendras me prévenir et j’irai la demander pour ton épouse au roi son maître. »

Ayant ainsi entendu parler le roi, ma tristesse diminua, l’appétit me revint et je mangeai. Un peu après, ayant salué le roi mon maître, je pris mon vol dans la direction de votre palais et je suis arrivé ici sans m’être reposé un seul instant, sans avoir pris la moindre nourriture, tant j’étais pressé de vous voir, ma bien-aimée Merle. O ma Merle, vous êtes jolie comme l’Étoile du matin. Donnez-moi votre amour, car je suis venu de loin dans votre royaume pour faire de vous mon épouse. Ne me refusez pas, ô ma Merle, levez vos yeux sur moi; prenez-moi pour époux, n’hésitez pas davantage. Oh! Parlez-moi, dites-moi quelques mots, ne demeurez pas sans parler, ou bien je vais croire que vous n’avez pas confiance en moi, en moi qui vous dis la vérité, qui ne dit pas un seul mensonge. Oh ! je vous en prie, ma Merle, prenez-moi pour votre époux.

La Merle écoutait, heureuse déjà, les paroles du beau Perroquet; elle admirait son éloquence amoureuse et sentait que son cœur s’apitoyait pour le beau parleur, mais elle était retenue par la confusion :

— Je suis une femelle du palais, disait-elle. Je n’ai jamais entendu parler ainsi autour de moi, comment voulez- vous que je vous croie? Les paroles des mâles sont souvent mensongères, ils cherchent de belles paroles pour les dire aux femelles afin de les séduire. Comment voulez- vous que je vous croie? Je suis une Merle et vous êtes un Perroquet; nous sommes de couleurs et de races différentes, comment pourrai-je vous prendre pour mon époux? Le Perroquet avec la Perruche sont beaux à voir, mais n’a-t-on jamais vu une Merle épouser un Perroquet? Votre plumage est vert et mon plumage est noir; les couleurs sont très différentes entre nous et nos noms ne se ressemblent pas. Comment pourrions-nous nous marier ensemble? Mariés ensemble, nous aurions des petits, mais à qui ressembleraient-ils? Ni à vous ni à moi, ils ressembleraient à nous deux et ne seraient ni Perroquets ni Merles, car ils seraient les deux à la fois. Comment oserai-je jamais les promener et les montrer? J’aurais honte d’eux devant tout le monde. Mon beau Perroquet, je serais en but à tous les dénigrements. Moi, une Merle du palais qui ai la confiance du roi et l’estime de tous les dignitaires qui disent que j’ai le cœur droit et que je n’ai jamais commis une faute, que diraient-ils s’ils me voyaient avec un époux d’une autre race que moi? J’aurais honte, grande honte devant tout le monde. Vous voyez bien que notre mariage est impossible; ne restez donc pas pour rien au palais et partez tout de suite.

Le Perroquet ayant entendu les paroles de la Merle, admirait son éloquence, sa belle manière de parler:
— J’ai compris vos paroles, mais avant de partir je vais vous conter une histoire qui répondra à vos scrupules: « En ce temps-là, le roi Novéat, étant allé se promener dans un jardin, aperçut une jeune fille nommée Chorn-Pô et l’aima parce qu’elle était belle et qu’elle lui plaisait. Bien qu’elle fût d’une caste très inférieure, il l’épousa devant tout le peuple et la proclama reine. Il eut d’elle un enfant qui reçut le nom de Sirem-Maha-Réach, et cet enfant fut aimé de tout le monde.» Voici donc, ma chère Merle, un roi célèbre qui épouse et qui fait reine une fille d’une caste inférieure, et nous, parce que je suis Perroquet et vous Merle, nous ne pourrions pas nous marier ensemble! Pourquoi cela?

La Merle répondit:
— Parce qu’un roi peut épouser une fille de son peuple; ils ne sont ni de races ni de couleurs différentes comme vous et moi qui ne nous ressemblons ni par la couleur de notre plumage, ni par les noms que nous portons. Nous ne pouvons pas nous marier ensemble. Je suis très hésitante, mon beau Perroquet, parce que je n’ai jamais vu un Perroquet épouser une Merle.
Le Perroquet ayant entendu les paroles de la Merle admirait son éloquence et son esprit.
— Ma chère Merle, dit en souriant le Perroquet, puisque vous hésitez encore, je vais vous raconter une autre histoire : «Il y avait autrefois un Préam-Prithéa qui s’était retiré dans la forêt de Hym-bau-péan pour se faire Maha-Rusey, c’est-à-dire ermite. Dans cette forêt, il y avait une troupe de Kénor qui habitaient dans le Vinhear et qui vivaient là très heureuses et très tranquilles. Un jour, une Araignée énorme et méchante les attaqua, elle en mordit plusieurs et en mangea quelques-unes. Alors les Kénor furent trouver le Maha-Rusey, l’ancien Préam-Prithéa, et, en pleurant, lui demandèrent d’aller tuer l’Araignée énorme qui mangeait les Kénor tous les jours dans la forêt.
Mais le Maha-Rusey se mit en colère :
— Je suis un ermite, il ne m’est pas permis de tuer les bêtes, et vous venez me demander d’aller tuer l’Araignée. Allez-vous-en, tout de suite.
Et il les chassa. Alors les Kénor se réunirent dans le Vinhéar pour décider ce qu’il y avait à faire.
— Le Maha-Rusey, disaient-elles, a repoussé notre demande, il ne veut pas tuer la grosse Araignée qui a déjà dévoré plusieurs d’entre nous, il faut lui offrir Rot-Vottey-Srey, la plus belle des Kénor, peut-être alors consentira-t-il à tuer notre ennemie, car en la voyant si jolie la salive lui en viendra aux lèvres.
Ceci, ayant été convenu, fut fait, et les Kénor conduisirent la belle Rot-Vottey-Srey chez le vieux Maha-Rusey. Elles le saluèrent bien humblement, puis elles lui dirent :
— Nous venons vous offrir la jeune et belle Rot-Vottey-Srey-Kénor, prenez-la pour disciple, mais, nous vous en prions, allez tuer la méchante Araignée qui a déjà dévoré plusieurs Kénor dans la forêt.

Le vieux Maha-Rusey les reçut bien cette fois :
— Laissez-moi, leur dit-il gaiement. Quand elles furent parties, il quitta ses effets de
religieux, prit un bâton et se rendit à la forêt. Il aperçut l’Araignée qui dormait à terre et la tua à coups de bàton. Ceci fait, il retourna chez lui où l’attendait la belle Rot-Vottey-Srey-Kénor, et il la prit pour son épouse.
Mon histoire est finie, ma chère Merle. Vous voyez que le Maha-Rusey a épousé une Kénor. Alors, dites-moi pourquoi une Merle ne pourrait pas se marier avec un Perroquet! Ne sommes-nous pas deux oiseaux?

Et la Merle qui avait écouté très attentivement cette histoire, admirait combien le Perroquet était habile à conter.

— C’est bien, mon beau Perroquet, je suis convaincue. Je serai votre épouse, mais si le roi apprenait que j’ai pris un mari sans son autorisation, il se fâcherait sans aucun doute contre moi. Retournez donc en votre pays, allez prévenir votre roi et dites-lui de venir, conformément aux coutumes, me demander en mariage à mon maître. Je vais retourner près du roi et je vous attendrai.
— O ma chère Merle, répondit le Perroquet, je suis venu ici pour vous prendre pour épouse; vous consentez à notre mariage, et voilà que vous me renvoyez dans mon pays. Vous voulez que mon roi vienne pour moi vous demander en mariage à votre roi. Alors, si votre roi refuse je vous perdrai et je perdrai les cadeaux de la demande.

Puis le Perroquet se rapprocha de la Merle:
— Je suis bien malheureux, continua-t-il de vous avoir rencontrée puis d’être obligé de partir. O ma chère Merle, il faut me garder ici, près de vous, car je ne puis plus être heureux ailleurs. Si vous ne voulez pas me garder, je partirai, mais alors, ma chère, je ne reviendrai plus parce que vous m’aurez repoussé. Gardez-vous donc, et bonjour. Je vous salue et je pars.
Alors ayant abaissé son bec devant la Merle afin de la saluer, le Perroquet ouvrit ses ailes comme pour s’envoler. Mais la jolie Merle, tout de suite attristée saisit une plume de son aile avec son petit bec.

— Pourquoi me retenez-vous avec votre bec? dit le Perroquet; laissez-moi partir.
Mais la pauvre Merle honteuse n’osait pas répondre. Le Perroquet fut alors très hardi. Il prit avec son bec le petit bec de la Merle et la caressa. Puis comme elle ne lui résistait plus, il monta sur son dos et il l’aima. C’est ainsi que se fit leur mariage.
Cependant, comme ils s’aimaient beaucoup et ne quittaient pas la chambre, le Perroquet oubliait sa patrie, et la Merle ne paraissait plus aux audiences royales; il ne pensait plus au roi Préa-Mohosot et elle ne songeait plus à la belle cage d’or qu’elle habitait dans la chambre du roi. C’est que, s’aimant beaucoup, ils vivaient l’un à côté de l’autre, sans jamais se quitter; la Merle préparait des gâteaux de miel pour son époux et ils étaient heureux tous les deux.

Mais un jour le Perroquet se rappela la mission que son roi lui avait confiée et il résolut de la remplir.
— Ma jolie Merle, dit-il, j’ai appris par hasard que votre roi avait offert sa fille Banh-Chal-Chanty-Réach Thida pour épouse au Préa-Vites-Réas, roi de Mit Khala. Savez-vous si cette proposition a été faite?
— Pourquoi, mon époux, me demandez-vous cela? Parlez-moi des choses qui nous intéressent, parlez-moi d’amour et laissez-là les affaires du roi.
— Je veux savoir ce qui en est de ce bruit, par pure curiosité, ma chère Merle. Répondez-moi donc tout de suite, et ne faites pas en sorte que je sois obligé de vous demander plusieurs fois un renseignement que vous pouvez me donner de suite.
La Merle eut pitié de son époux et elle lui raconta que le roi Chuol-Lavey trompait le roi Préa-Mohosot; qu’il n’avait pas l’intention de lui donner sa fille en mariage, mais de l’attirer dans son royaume pour le tuer.
— Je suis seule à connaître ce projet, ajouta la Merle, n’en parlez donc point, car si le roi Chuol-Lavey apprenait que vous le connaissez, il vous ferait mourir, ô mon cher Perroquet!

Celui-ci, ayant appris l’odieux projet que le roi Chuol-Lavey avait conçu contre son roi, fut très content dans son cœur.
— Ne craignez rien, dit-il en souriant, je ne dirai pas cette chose grave que vous m’avez confiée. Nous ne serons pas punis, comme vous le craignez, mais ce renseignement est bon à connaître.
La Merle crut dans son cœur tout ce que le Perroquet lui dit à ce sujet, car elle l’aimait. Mais celui-ci songeait déjà à regagner son pays afin d’aller rendre compte au roi de la mission qu’il lui avait confiée; déjà il songeait à quitter la Merle.
— Il faut, ma belle épouse, lui dit-il un jour, que je retourne dans mon pays, car je veux prévenir le roi mon maître, et le prier de venir demander au roi Chuol-Lavey qu’il consente à notre mariage. Nous ne pouvons pas vivre toujours comme nous vivons, il faut obtenir l’autorisation de faire les fêtes de notre mariage, conformément aux coutumes anciennes. Je ne serai pas longtemps absent : je vous promets d’être ici dans trois jours au plus. Ne vous désolez donc pas et surtout ne soyez pas inquiète. J’ai vécu quelques jours avec vous, et je vous laisse, c’est vrai, mais je ne puis faire différemment sans me rendre coupable d’une faute contre le roi, mon maître. Restez donc au palais de Chuol-Lavey, soyez sage et, pour n’être pas trop désolée, ne pensez pas trop à moi pendant mon absence. Je retourne dans ma patrie, mais mon âme et mon coeur restent près de vous.

La Merle, ayant entendu les paroles du Perroquet, sentit son cœur qui se troublait, et l’inquiétude qui l’envahissait.
— O mon cher Perroquet, dit-elle, vous allez me laisser seule comme une orpheline. Je suis déjà tout habituée à coucher prés de vous et voilà le malheur qui vient nous séparer. Mon cher Perroquet, si vous allez dans votre pays, n’y demeurez pas trop longtemps; je vous en prie, revenez, revenez vite, car j’ai beaucoup de chagrin de vous voir partir.
Alors, en pleurant beaucoup, elle se mit à préparer des vivres pour le repas de son mari.
— Mangez bien, mon très cher, dit-elle quand elle eut servi son mari. Je crains que vous tombiez malade au cours de votre voyage et que vous n’ayez personne pour vous soigner.

Le Perroquet sentit alors la pitié qui venait en son cœur pour la pauvre Merle:
— Je ne serai pas longtemps, lui dit-il.
Alors, il la caressa avec son bec, puis il voulut s’envoler, mais ses forces étaient parties, car il était très triste. Enfin, il s’envola, non sans regarder la Merle, dans la direction de Mit-Khala.
En route, il rencontra des Merles et, comme leur rencontre ramenait sa pensée sur son épouse, il sentait son cœur devenir triste.
Dès le soir du jour où il avait quitté la Merle, le Perroquet arriva dans la capitale du royaume de Mit-Khala. De suite il fut salué le roi Préa-Mohosot et lui rendre compte de sa mission. Très heureux, le roi lui donna à manger des gâteaux faits avec du miel, le garda dans sa chambre et prit soin de lui tous les jours.
Mais le Perroquet, dans sa cage d’or, n’était pas heureux ; il pensait à la Merle, son épouse, avec laquelle il avait l’habitude de manger et de dormir. Il ne pouvait ni manger ni se préparer pour le sommeil sans penser à elle et, quand il tonnait, il s’inquiétait pour elle.
Cependant, il demeura dans sa cage d’or et ne retourna jamais dans le royaume que la Merle, son épouse, habitait. Il fut malheureux.

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