Souvenirs des années 90 au Cambodge : Max Vella

DSC_0025 - CopyAu milieu des années 90 lorsque j’étais le propriétaire du restaurant La Taverne sur le quai Sisowath à Phnom Penh j’ai fait la connaissance d’un personnage haut en couleur et dont la vie ressemblait à un roman d’aventure, il se nommait Max Vella.
Démobilisé au Cambodge à la fin des années 40 il est avait réussi à se faire engager comme cuisinier de Norodom Sihanouk, cuisinier au Palais Royal de Phnom Penh il me racontait ses aventures.
Il me parlait de Résidence Royale dans le Rattanakiri au bord du lac ou un soir ou le roi avait invité de nombreuses personnes à dîner sur la terrasse au-dessus de l’eau, les invités portaient des toasts et ensuite « à la russe » jetaient les verres dans le lac, il me dit avoir été obligé de recommander d’urgence d’autres verres à Phnom Penh, heureusement un avion partait chaque matin de la capitale pour livrer des croissants frais qui étaient fabriqués par le restaurant La Taverne, en face de la Poste, c’est d’ailleurs pour cela que j’avais donné le même nom à mon restaurant que j’avais créé sur le quai Sisowath.
Max en parallèle à son métier de cuisinier avait plusieurs autres occupations, il me racontait qu’il avait eu une plantation de café et me donnait des détails sur les méthodes de torréfaction à l’époque.
Il me disait avoir connu un charcutier français installé près du Marché Central (Phsar Thmey en cambodgien, pourtant Thmey en cambodgien signifie nouveau et pas central…) qui avait plusieurs camions qui lui rapportait des porcs de province, les camions étaient désinfectés et nettoyés puis repartaient avec des charcuteries qui était livrées sur toutes les provinces et même d’autre régions de l’Indochine.
Il m’expliquait avoir possédé à Sihanoukville un restaurant à 1km du port qui se nommait Chez Max La Plage.
Il avait également possédé une concession de bois dans la province de Stung Treng, il m’expliquait qu’une seule route conduisait à ce domaine et que son officier lorsqu’il était militaire, lui n’était que sous-officier, donc cet officier toujours en poste au Cambodge devait emprunter cette route pour faire ses inspections. Max qui ne gardait pas un bon souvenir de cet officier avait inventé un stratagème que je trouve drôle, il avait engagé un gardien juste pour embêter cette officier, ce gardien devait lorsqu’il voyait arriver le militaire français tendre une chaîne traversant cette voie unique, au milieu de la chaîne il y avait un panneau sur lequel on pouvait lire : « Ici commence le domaine de Max Vella. Interdiction de passer ».
Chaque année lui et son équipe de bûcherons ainsi que d’autres propriétaires de concessions fabriquaient d’énormes radeaux en bambous sur les lesquels ils disposaient les grumes de bois précieux, ce bois étant très lourd ne flottait pas. Ils confectionnaient ainsi un train de radeau qui mesurait d’après ses dire jusqu’à un kilomètre de long pour descendre le Mékong et en rejoindre son Delta au Vietnam ou ils vendaient leur bois. Le voyage durait des semaines, chaque soir ils faisaient étape dans un village, c’était la fête ! Une fois arrivé à destination ils vendaient le bois précieux et vendaient également les bambous des radeaux , cette seconde vente rapportait de l’argent qui servait d’après ses dires à faire la fête durant trois semaines à Saigon avant de repartir entreprendre de nouvelles coupes de bois.

Je ne sais pas si tout ce que tu m’as raconté est bien réel, en tout cas moi j’ai envie d’y croire, merci Max et paix à ton âme ! Tu m’auras bien fait rêver !

Gérard THEVENET / WAM TOUR

Une réflexion au sujet de « Souvenirs des années 90 au Cambodge : Max Vella »

  1. his explanation

    I simply want to tell you that I am all new to blogging and site-building and seriously enjoyed your web page. More than likely I’m want to bookmark your website . You actually come with tremendous writings. With thanks for sharing your web site.

Les commentaires sont fermés.